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Publié par Caroline

Vendredi 16 juin


Ce matin, nous serons partis un peu plus tard que prévu... la faute à la machine faite hier soir, le linge qui n'est pas sec ce matin; nous partons avec les vêtements humides étalés sur la couette arrière... la joie de la vie de globe-trotteurs !... bon, nous avons quelques autres anecdotes que nous nous ferons un plaisir de raconter en rentrant ;-)

Sur la route, nous voyons de nombreuses termitières... que nous prenions pour des excroissances originales et en pierre depuis deux jours... nous apprenons...

Après 1 heure 20 de route, nous arrivons à Katherine, troisième ville du Northern Territory avec ses 11 000 habitants... rentrée dans la mythologie australienne après ses inondations de janvier 1998; il paraît que des crocodiles nageaient dans les rues. Nous n'avons pas les mêmes problématiques en France !
Nous nous arrêtons au Visitor Centre et faisons l'acquisition du pass pour le Kakadu National Park où nous nous rendons dans deux jours. Nous apprenons que la piste qui permet de rejoindre (en 4x4 obligatoire) les Jim Jim Falls et Twin Falls Gorge est fermée jusqu'à la fin du mois... nous n'avions pas prévu de nous y rendre car impraticable en camping-car...

Après quelques courses rapides et un déjeuner sur le pouce, nous nous rendons au centre culturel qui est sur la route de Nitmiluk National Park... donc sur la route de notre camping.

Depuis le temps que nous en parlons et après tout ce que nous avons vu, lu et entendu, il nous semblait incontournable de découvrir la culture aborigène en côtoyant l'un d'entre eux. J'étais tombée un peu par hasard sur un blog de voyages qui parlait d'une expérience culturelle authentique et j'avais gardé soigneusement l'adresse au cas où nous ne passerions pas 'trop' loin... Il se trouve que c'était sur notre chemin pour les Georges de Katherine !

Nous avons été rapidement séduits par Manuel... un grand homme souriant et généreux... 
Nous n'avons pas eu de difficultés à rentrer dans son monde car nos 10 oreilles étaient seules pour l'écouter... notre entière attention était tournée vers lui dès que les premières notes du didjeridoo ont éveillé nos sens... Quel son incroyable cet instrument ! J'essaie de filmer mais j'ai l'impression de passer à côté de ce moment qui entre dans notre cœur de voyageur... la mémoire de nos meilleurs moments.

Il va nous expliquer tout un tas de choses sur son enfance : comment sa grand-mère a cueilli des feuilles le jour de sa naissance pour envelopper le bébé de cette fumée----, comment son corps était recouvert de peinture, la faim qui le réveillait la nuit, les animaux qu'il chassait. Il ne connaît pas son âge. 
Léon l'interroge :  "Pourquoi tu n'aimais pas aller à l'école ?" "Parce que j'avais peur des blancs; ils étaient comme des fantômes et je ne comprenais pas ce qu'il disait." (Chaque tribu a son propre dialecte; aujourd'hui encore, l'anglais est peu répandu dans les communautés aborigènes).
Léon continue ses questions : "est-ce que tu chassais les serpents ?" "Je les frappais avec un gros bout de bois ou je les tuais avec une lance... et nous le mangions... certains sont comestibles, pas tous." Léon ouvre les yeux un peu plus grands.
Nous écoutons. "Les enfants ont tout aujourd'hui... des jouets, un vélo... nous n'avions rien de tout cela mais nous étions heureux." 

J'ai lu que les communautés les plus traditionnelles habitent les régions que nous avons traversées, au centre et au Nord du pays. Leurs conditions de vie sont rudimentaires mais ils sont sur leurs terres où ils retrouvent leurs racines. Ils pratiquent la chasse et la pêche et continuent de perpétuer les traditions.
Les histoires ou mythes sont transmis oralement par des récits, racontés par des anciens, par des chants et des danses. 

L'histoire des aborigènes a été tourmentée depuis l'arrivée des premiers colons. Nous pouvons dire qu'ils ont été chassés par la force de leurs territoires. Les colons avaient besoin de terres pour leurs villes et leurs moutons, ils ne s'embarrassaient pas de négociations. 
Il y a eu des massacres et des atrocités jusque dans les années 1930. En un peu plus d'un siècle, 600 000 aborigènes ont perdu la vie. Les maladies infectieuses importées d'Europe et l'alcool ont également fait des ravages mais la maladie d'ordre spirituel a été la plus sournoise. En chassant les clans de leurs territoires, les colons ont privé les aborigènes du lien mystique qui les reliait aux ancêtres et de toute raison d'être. 
Jusqu'en 1960, les enfants 'métis' sont séparés de leurs parents et confiés à des ´blancs'; des dizaines de milliers d'enfants auraient ainsi été 'volés' (aujourd'hui appelée stolen generation). De nombreuses biographies témoignent de cette période tumultueuse. 

Nous continuons notre découverte de la culture aborigène avec un cours de peinture, pas si facile ! Nous nous souviendrons longtemps de cette séance pendant laquelle nous avons utilisé du woomera (sorte de roseau) pour peindre. Ce soir, lorsque je regarde le résultat, je trouve que ce n'est pas si mal !
Notre avons également appris à faire du feu avec deux bouts de bois et à chasser avec une lance. Sasha a trouvé l'après-midi "super"... nous aussi !

Au moment de partir, on nous présente deux bébés wallaby. Le fait d'être seuls sur les lieux a quelques avantages ! Les garçons sont très contents de porter ces jolies petites bêtes (inoffensives).
Ils continuent de profiter des animaux. Sasha s'amuse à faire quelques selfies. Nous craquons sur la maman marsupial avec son bébé dans la poche. Première fois que nous voyons ce tendre duo. 
Les animaux sont en liberté. Certains ont été soignés ici et reviennent.
Nous savons maintenant faire la différence entre kangourou et wallaby !! Ce dernier est beaucoup plus petit.
Nous apprenons d'ailleurs que dans la région il n'y a pas de kangourou. 
J'aperçois de nouveaux oiseaux australiens, je n'ai pas l'appareil photos mais ce n'est pas grave : les jours à venir nous permettront d'observer une biodiversité très riche.

Fred demande une démonstration de boomerang. J'ai bien failli le prendre dans la tête !... et bien oui : un boomerang quand on le lance bien, il revient ! :-) 

A 25 kilomètres, nous découvrons notre camping pour deux nuits, au plus près des gorges de Katherine... il est perdu dans le bush... cela ne change pas de nos habitudes ! ... les autres étaient plutôt rudimentaires; dans le dernier, les sanitaires étaient dans des préfabriqués métalliques... mais ce soir, c'est le grand luxe : nous nous garons sur un emplacement avec électricité face à la piscine... nous nous offrons même le dîner Buffet ! ... en guise de spectacle les chauve-souris qui volent d'arbre en arbre (au moins une centaine) et les wallaby qui se promènent dans le camping... un camping sauvage comme on les aime avec une nuit étoilée fantastique...

On the road - Termitières

On the road - Termitières

Nous sommes chez les crocos !

Nous sommes chez les crocos !

Cultural experience with Manuel
Cultural experience with Manuel
Cultural experience with Manuel
Cultural experience with Manuel
Cultural experience with Manuel
Cultural experience with Manuel
Cultural experience with Manuel
Cultural experience with Manuel
Cultural experience with Manuel

Cultural experience with Manuel

Dessine-moi un kangourou
Dessine-moi un kangourou Dessine-moi un kangourou
Dessine-moi un kangourou
Dessine-moi un kangourou
Dessine-moi un kangourou Dessine-moi un kangourou
Dessine-moi un kangourou
Dessine-moi un kangourou
Kangourou selfieKangourou selfieKangourou selfie

Kangourou selfie

Dessine-moi un kangourou
Dessine-moi un kangourou

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